Là où la tête va, le corps suit (Clic itinéraire)

Un nouveau départ, un autre ajustement

Une grosse semaine de tournage m'a permis de relaxer et de me réajuster pour la marche. Oui l'ajustement, une des plus grandes forces de l'humain.

160 km me séparait de Cleveland près de Richmond à Québec par le Grand Sentier. C'était plusieurs jours de marche à dormir dehors pour la plupart du temps. Pourquoi la plupart du temps?

Parce qu’au premier jour, je m'étais fait mal au genou droit, une vieille blessure du sport super doux que j'ai fait pendant 10 ans, il y a far far lointain. Ça m'a forcé à rester chez moi plus de 3 jours. Ensuite, une fois en état de repartir à l'aventure, j'ai marché plusieurs jours pour devoir m'arrêter à nouveau, puisque je souffrais de déshydratation en plus d'avoir les vêtements complètement mouillés. 

L'hydratation me semblait facile avant de partir, avec la neige à faire fondre, les rivières et ruisseaux, c'était facile selon moi, #nope.

Bouteille qui gèle complètement à cause des températures sous les -20°C, système de cuisson non conforme aux froids hivernaux du Québec, glace épaisse à la surface des rivières et ruisseaux, effort physique et transpiration.

La dernière nuit que j'avais passée n'avait pas été la plus confortable. Cette déshydratation me coûtait cher en calorie, c'est important de boire de l'eau, de l'eau avec des minéraux. Je n'avais pas pensé que l'eau de pluie ou la neige était sans minéraux, vide. Pourtant c'est évident. J'avais des crampes aussitôt que je bougeais dans mon sac de couchage. C'était horrible.

J'ai mis l'orgueil de côté et j'ai envoyé une adresse à ma copine en lui demandant combien de temps ça lui prendrait pour venir me chercher.

Incroyable, j'avais marché 3 jours et elle pouvait venir me chercher en 30 minutes. 

De retour à la maison, je me suis réhydraté comme il faut, j'ai ensuite commandé un autre système de cuisson, l'autre pouvait à peine faire fondre la neige. J'ai ajouté le jus en poudre du style Gatorade, un jus militaire avec potassium et sodium plus plein d'autres bonnes choses pour rester hydraté.

J'ai ajusté mon équipement encore une fois pour l'alléger tout en ajoutant une bâche au cas où il neigerait comme il avait neigé. Je vous rappelle que je dors à la belle étoile, sans tente. C'est plus léger, plus discret puisque sur le Grand Sentier nous n'avons pas le droit de faire du camping. Je fais donc de grandes siestes, sans laisser de trace, sans feu puisque le règlement l'empêche aussi, et ce du début du couvre-feu, jusqu'à la fin.

Quelques jours plus tard, je suis reparti d'où j'avais arrêté pour reprendre cette fameuse marche jusqu'à Victoriaville, mon corps avait besoin de chaleur, les températures tournaient toujours autour de -30°C. C'était difficile, mais gratifiant puisque j'avais plusieurs courriels de gens que j'inspirais.

Une fois le week-end passé, j'ai repris la route de Victoriaville, et cette fois, accompagné du Centre de Prévention Suicide Érable et Arthabaska et quelques amis qui ne travaillaient pas. C'était un lundi midi, j'étais tellement content, mon projet commençait à faire du bruit.

De ma ville natale, Victoriaville, jusqu'à Warwick, ils étaient avec moi, mes amis!! Seul c'est difficile mentalement, il y a énormément de choses qui se passe dans une tête sans distraction. Il faut se rappeler que je ne suis pas en mode travail où je dois penser pour être productif, je ne suis pas en mode divertissement avec tout ce qui vient avec un téléphone intelligent ou une console de jeux vidéo, encore moins en mode Netflix and chill. J'suis là sans musique pour entendre le danger ou les motoneiges. Je regarde la nature qui est ma foi, splendide, mais je pense beaucoup à hier et à demain. Je me dis aussi souvent pourquoi j'ai eu cette idée. Engagez-vous qu'ils disaient!!

 

Cette marche accompagnée est beaucoup plus agréable.

Le dernier jour du Parc Linéaire des Bois-Francs avait très bien été, trop bien même, je me suis testé, j'ai eu l'idée de marcher plus vite avec beaucoup moins de vêtements sur le dos dans le but d'avoir moins chaud et de ne pas mouiller mon linge comme la dernière fois. Sécher ses vêtements l'hiver c'est difficile sans feu. Une fois à Danville, j'ai profité du A&W pour prendre un déjeuner et le manger sur une table de pique-nique de l'autre côté de la rue, une histoire loufoque de Covid-19 qui nous empêche de manger seul dehors sur une terrasse de restaurant.

J'ai repris la marche à un rythme trop rapide, l'œuf m'avait donné du carburant d'avion, haha. Une fois à destination pour passer ma nuit. J'ai installé mon lit, fait bouillir de l'eau, mangé un gros repas, je me suis préparé pour dormir et le lendemain j'ai eu une mauvaise surprise.

Je disais toujours que la routine tuait à petit feu, mais dans une randonnée comme celle-ci, la routine peut te sauver, c'est clair. Si j'avais délacé complètement mes bottes j'aurais pu les remettre le matin à mon réveil, elles auraient été en glace, mais ce seraient réchauffées en marchant. (à ne pas faire si c'est trop froid, vous allez perdre des morceaux)

Faire bouillir de l'eau dans une bouteille en métal pour réchauffer mes bottes.

Je me suis réveillé et mes bottes étaient de glace et lassées trop serrées pour y entrer mes pieds. Je n'avais rien pour les remplacer ou même juste marcher dans mon campement. Au même moment, un ami m'a contacté pour un tournage, j'ai dit oui, j'ai appelé mon amie Claudia et elle est venue me chercher un peu plus loin.

L'ajustement cette fois, des pantoufles de camping isolé avec une semelle, un pare-vapeur dans mes bottes pour éviter que la transpiration mouille ces dernières et j'ai envoyé mes vivres dans des adresses différentes dont un flexilivraison de Poste Canada pour avoir cette nourriture à Sherbrooke.

Le nombre de fois qu'on tombe n'est pas important, ce qui compte c'est la façon de se relever, je ne l'ai pas inventé, mais on me l'a répété souvent pendant ma carrière professionnelle. C'est ce que j'ai toujours fait, me réajuster.




Laisser un commentaire

français